Le cheval barbe est l’une des plus anciennes races de chevaux au monde. Vraisemblablement issu du cheval primitif mongol dont il possède certains traits, le cheval « barbe » se serait installé pendant la préhistoire en Afrique.
La race barbe, contrairement à ce que l’on supposait, serait donc autochtone de l’Afrique du nord (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie et Libye). Selon Yasmina Chaïd Saoudi, docteur en paléontologie animale, les squelettes exhumés en Algérie lors de fouilles archéologiques, prouveraient la présence de ces chevaux ancestraux entre 30 000 et 10 800 ans avant notre ère, car il existe bel et bien entre Equus algericus et le cheval barbe de nombreuses similitudes.

 

Origine de la race barbe

 

Des représentations rupestres de ces chevaux, découvertes dans l’Atlas saharien sur des peintures du Néolithique, confirmeraient leur présence (M. Lhote, 1952).

Le cheval barbe est élevé depuis l’antiquité pour la chasse, la guerre, la parade et le travail. Il est le compagnon traditionnel des nomades et des éleveurs de l’Atlas et des Hauts Plateaux.

Les romains mentionnaient déjà ce cheval il y plus de 2 000 ans sous le nom de cheval de Barbarie. Nombre d’entre eux furent ainsi importés en Europe à partir du VIIème siècle où la race excella à la guerre. En France, c’est à propos du roi Henri III qu’on cite pour la première fois le cheval barbe. Mais c’est surtout Henri IV qui va vraiment s’intéresser à la race, au point de les élever. Le célèbre grand écuyer du roi, Antoine de Pluvinel emploiera des barbes dans son Académie équestre et c’est sur un de ses représentants, nommé le Bonitte que le futur roi Louis XIII fera son éducation équestre.

Le barbe est aussi à l’origine de nombreuses autres races chevalines. Citons le pur-sang anglais, le pure race espagnol, le lusitanien, le criollo argentin ou encore le mustang.

L’histoire du cheval barbe vous passionne ? Allez surfer sur les sites internet de l’association française du cheval barbe (AFCB) ,l’association belge du cheval barbe (ABCB) et encore l'association allemande du cheval barbe (VFZB). D’excellents ouvrages existent également. On peut citer, par exemple, « Le cheval barbe » de E. J. Roux, Editions Maisonneuve (1987) mais aussi les écrits de D. Bogros, d’E. Beudant et de bien d’autres.

 

Ce qui caractérise le cheval barbe

 
 

Son courage est légendaire, fantasque, franc et affectueux, dévoué à son « compagnon ». Le cheval barbe peut se laisser dépérir quand il se sent abandonné.

D’un tempérament paisible, voire lymphatique au repos, il « babouche », la lèvre inférieure parfois pendante. Mais, lorsque sous la selle, on le sollicite, il bouillonne. Vif, confortable et très agile, son pied est des plus sûrs. Rapide et endurant, il sait d’instinct gérer son effort.

Cheval rustique, il s’accommode d’une flaque pour s’abreuver, d’une pastèque ou d’un melon ! Facile à entretenir, il a maintes fois prouvé sa résistance aux privations : « il peut la faim, il peut la soif ». Nourri correctement, il gagnera en taille et en beauté.

Pourvu d’une grande intelligence, le cheval barbe apprend très vite mais attention à ne pas le tromper car il sait être rebelle à tous les excès de violence et d’autorité. L’ancienneté de la race fait de lui un cheval tardif. « Fini » vers 7 ans, voire plus, profitez de ce laps de temps pour tisser des liens affectifs forts avec lui et votre patience sera récompensée… Alors, il vous offrira sa quintessence et avec lui, vous goûterez au Paradis !

L’une des particularités du cheval barbe est la présence de cinq vertèbres lombaires au lieu de six. Les vertèbres lombaires sont un peu le point faible de la colonne vertébrale des équidés car ce sont les seules à flotter comme un pont suspendu, seulement tenues par les muscles (caractéristique plus ou moins perdue aujourd’hui). N’avoir que 5 vertèbres lombaires fatigue moins ces muscles. Cela expliquerait, en partie, la résistance et l’endurance légendaires du cheval barbe, qui conserve malgré tout, une grande souplesse du dos.
 

Les différents types rencontrés chez le cheval barbe

 

Le standard de la race, reconnu par le stud-book français du cheval barbe, dit les choses suivantes : de taille moyenne (1,45 à 1,60 m), de format « carré » et de robe grise, alezane ou baie (on trouve encore certains sujets pies en Afrique noire), le cheval barbe s’identifie avant tout par sa tête et son arrière-main caractéristiques.

Sa tête un peu forte, plutôt longue, possède un front étroit et légèrement bombé. Elle est chargée en ganache où s’y attache, à mi-hauteur, une encolure massive, droite et rouée dans sa partie supérieure. Le chanfrein est droit ou convexe avec une arête nasale très marquée. Ses yeux sombres, très expressifs, sont placés haut. Les naseaux sont larges et effacés. La lèvre inférieure est lourde, parfois tombante. Les oreilles divergentes sont petites, portées vers l’arrière au repos. Les crins sont abondants et épais.

Le garrot est placé haut et son dos court et tendu, souligne sa force. La croupe est oblique, dite « en pupitre ». La queue, dont l’implantation basse est équivoque, semble noyée dans le profil de la fesse. La cuisse écourtée favorise l’engagement des postérieurs qui sont en général serrés. L’épaule est longue et inclinée. Les membres sont secs, solides avec des articulations larges. Les tendons, secs eux aussi, sont bien détachés. Les sabots, pourvus d’une corne excellente, sont petits. Le thorax est large et profond.

C’est un cheval puissant, efficace et résistant, supportant aussi bien le froid que la chaleur (même s’il aime moins l’humidité).

Au sein de cette morphologie générale, sous l’influence du biotope, de la sélection humaine et de l’utilisation, il coexiste, dans la race barbe, plusieurs types (source : Chantal Chekroun) :